Suivi StopCovid

Objectif

Sur cette page, vous trouverez une synthèse et un suivi régulier du développement de l’application de suivi de contacts proposée par l’état français, depuis la genèse de l’idée et jusqu’à la fin du projet.

Timeline

Code couleur: Acteur politique, Acteur technologique, Acteur scientifique

15/09/2020 : L’exécutif réfléchit à offrir un accès prioritaire aux tests pour les utilisateurs de StopCovid (article). Ce point, régulièrement suggéré par différents responsables politiques depuis le début (par exemple Damien Pichereau, député LREM, le 18/05) et qui marquerait un glissement craint par les opposants, serait en contradiction avec les avis de la CNIL et contraste avec les engagements initiaux clairs du gouvernements sur un consentement entièrement libre.

23/06/2020 : Comme évoqué le 26/05, un prototype de bracelet StopCovid est attendu pour juillet.

23/06/2020 : L’application étant disponible depuis 3 semaines, quelques chiffres sont annoncés par Cédric O lors d’une conférence de presse : 1,9 millions de téléchargements, 460 000 désinstallations, 68 personnes se sont signalées positives, 14 notifications envoyées. Le nombre d’utilisateurs quotidiens n’a pas été précisé. L’article du Monde compare ces chiffres aux 10 millions d’installations en Allemagne en une semaine. Le budget est précisé entre 80 000 et 200 000 euros par mois.

15/06/2020 : L’application StopCovid révèle plus d’informations de contact que prévu dans le texte de loi voté et l’avis de la CNIL [Mediapart Le Monde]. Éléments d’analyse : sur ce point, l’application StopCovid semble bien correspondre à ce qui a été spécifié publiquement dans le protocole Robert (remontée de tous les contacts, quelle que soit la durée). Néanmoins, le texte de loi voté et l’avis de la CNIL sont en effet basés sur une remontée d’informations bien moindre (uniquement les contacts de plus de 15 minutes à moins d’1 mètre)

10/06/2020 : D’après un article du Monde, StopCovid aurait été activée par 2% de la population et utilisée réellement par 0,5%.

02/06/2020 : Alors que les communiqués initiaux annonçaient “des organisations publiques et privées agissant à titre gracieux”, la maintenance et l’hébergement de StopCovid seront finalement facturés 200 000 à 300 000 euros/mois.

02/06/2020 : L’application StopCovid est disponible sur les magasins d’applications Google et Apple. Éléments d’analyse : Une large partie de l’application est bien proposée sous licence libre (certains composants restent non diffusés). En revanche, malgré la critique contre l’hégémonie d’Apple et Google, l’application n’est à ce jour ni disponible sur les magasins alternatifs (F-Droid) ni téléchargeable directement hors magasin, exigeant ainsi des utilisateurs d’utiliser un compte chez Apple ou Google pour installer l’application (Issue #20).

27/05/2020 : L’Assemblée Nationale et le Sénat approuvent le lancement de StopCovid.

26/05/2020 : La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) souligne les dangers de l’application StopCovid, dans un nouvel avis.

26/05/2020 : La CNIL rend son avis (globalement positif) sur les conditions de mise en oeuvre de l’application “Stop Covid”.

26/05/2020 : “Withings a réussi à intégrer le protocole au sein d’une montre [et ont] bon espoir de pouvoir le faire [d’ici l’été pour ceux qui n’ont pas de smartphone]. Une telle montre vaudrait entre 40 et 50€, à voir ce qui peut être pris en charge par l’État”, déclare Olivier Véran devant la commission des lois de l’Assemblée Nationale.

22/05/2020 : Une FAQ sur StopCovid est déjà publiée par le gouvernement, sur le site dédié à StopCovid, du ministère de l’économie.

21/05/2020 : Un dossier de presse du Projet StopCovid publié par le gouvernement, sur le site dédié à StopCovid, du ministère de l’économie.

19/05/2020 : Un débat et un vote sur l’application StopCovid sont annoncés au parlement pour le 27/05.

18/05/2020 : Damien Pichereau, député LREM, propose dans une lettre à Cédric O d’associer certains avantages (par exemple une limite de déplacement à 150km au lieu de 100km) à l’utilisation de StopCovid. Comme l’analyse cet article, cela irait à l’encontre des avis du Comité d’Éthique du Numérique, du Conseil National du Numérique, de la CNIL, du comité pour la protection des données au niveau européen (EDPB) et semble incompatible avec le RGPD.

12/05/2020 : L’INRIA annonce démarrer la publication du code source de StopCOVID. Le dépôt, à ce moment, est très partiel et fait apparaître que certaines parties pourraient rester opaques. Cette implémentation est basée sur la version de ROBERT telle que publiée initialement, le 18/04/2020.

10/05/2020 : L’équipe derrière ROBERT propose un nouveau protocole, DESIRE. DESIRE devrait corriger certaines des critiques à l’encontre de ROBERT. Cependant, ce protocole est explicitement envisagé pour du moyen terme, après StopCOVID. Selon l’équipe DP-3T (équipe par ailleurs en opposition avec l’équipe de ROBERT/DESIRE car défendant l’approche décentralisée), ce protocole contient des idées intéressantes et ouvre de nouvelles perspectives, mais n’est pas réaliste pour les téléphones mobiles actuels (dépend de certaines fonctionnalités non présentes).

05/05/2020 : Cédric O annonce une sortie de l’application le 2 juin.

03/05/2020 : Cédric O, Secrétaire d’État chargé du Numérique, publie une longue tribune pour défendre la poursuite du travail sur cette application de suivi selon l’approche française ROBERT.

02/05/2020 : Olivier Véran confirme qu’il n’y aura pas d’application le 11/05.

01/05/2020 : Une application Ansamb est annoncée, indépendamment de tout acteur public, qui serait bientôt proposée à La Réunion. Attention, l’approche n’est actuellement pas ouverte et peu de détails ont été diffusés. L’article lié du Parisien a été pas mal critiqué par la communauté sur des erreurs techniques, il ne vise ici qu’à sourcer l’existence de ce projet, pas à le décrire.

28/04/2020 : La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme publie un avis sur le suivi numérique des personnes. Elle y écrit notamment « Au regard du risque élevé d’atteintes à une pluralité de droits et libertés fondamentaux, mais encore de leur absence d’efficacité avérée pour endiguer la propagation de l’épidémie, la CNCDH recommande au gouvernement de ne pas recourir aux mesures de suivi numérique des personnes.»

28/04/2020 : Le sujet n’est finalement pas débattu ni voté à l’Assemblée Nationale. Cette application aurait successivement dû être débattue sans vote, débattue avec vote, débattue avec vote intégré au plan général de déconfinement, puis enfin ni débattue ni votée. « Lorsque l’application en cours de développement fonctionnera, et avant sa mise en œuvre, nous organiserons un débat spécifique, suivi d’un vote spécifique », a déclaré Édouard Philippe.

26/04/2020 : Plus de 150 spécialistes du monde académique du domaine de la cryptologie et de la sécurité numérique, ainsi que plus de 300 autres informaticiens du monde académique, signent un document de mise en garde contre les risques des applications de traçage.

26/04/2020 : Le consortium de l’application StopCOVID est révélé. Il est composé de INRIA, ANSSI, Capgemini, Dassault Systèmes, INSERM, Lunabee Studio, Orange, Santé Publique France et Withings. 16 autres organisations (dont des grands groupes comme Accenture, Atos, Bertin, Sopra Steria et Thales) et 7 personnes sont également présentés comme membres de l’écosystème des contributeurs.

26/04/2020 : L’Allemagne, initialement partenaire de la France avec une approche proche de ROBERT, abandonne cette approche au profit de la version d’Apple et Google.

25/04/2020: L’avis du Conseil National de l’Ordre des Médecins est publié avis

24/04/2020 : L’avis du Conseil National pour le Numérique est publié avis

24/04/2020 : L’avis de la CNIL est publié avis

22/04/2020 : Une application, sans détails, est testée par Orange.

21/04/2020 : L’état français s’engage dans un bras de fer avec Apple car son approche est incompatible avec les API proposées par Apple.

21/04/2020 : SigFox, entreprise de l’IoT, pourrait envisager de proposer des bracelets connectés pour le suivi de contacts.

21/04/2020 : Ouverture du site risques-tracage.fr, rédigé par des chercheurs notamment INRIA et CNRS. Ce site propose une large analyse des risques du traçage numérique dans le cadre de la lutte contre le COVID.

18/04/2020 : Une sous-partie du consortium initial de PEPP-PT (INRIA en France, Fraunhofer en Allemagne) propose ROBERT. ROBERT est une approche centralisée.

14/04/2020 : Le projet StopCOVID entre officiellement en réflexion au niveau de l’état.

10/04/2020 : Apple et Google annoncent la mise en place d’API au sein de leurs OS pour smartphones. Ces API sont compatibles avec les approches décentralisées uniquement.

01/04/2020 : Le Premier Ministre Édouard Philippe déclare que ce traçage ne peut être que volontaire.

01/04/2020 : L’Europe se dote d’un consortium PEPP-PT pour développer une application de suivi de contacts, initialement selon l’approche DP-3T. DP-3T est une approche décentralisée. Une histoire de ce consortium est relatée par Nadim Kobeissi.

24/03/2020 : Le Ministre de la Santé Olivier Véran, devant l’Assemblée Nationale : “Mais la Corée ne se contente pas de faire des tests : elle fait aussi du « tracking ». Elle a en effet équipé tous les téléphones et examine les données personnelles nécessaires pour prévenir tout l’entourage lorsqu’une personne était malade. Êtes-vous prête, madame Obono, à débattre de l’instauration de telles mesures, ici, à l’Assemblée ? Êtes-vous prête à suivre la Corée jusqu’au bout de sa démarche ? Je n’en suis pas convaincu et, à titre personnel, moi non plus.” Compte-rendu - Vidéo

20/03/2020 : Singapour lance TraceTogether, son application de suivi de contacts sur son territoire. Elle utilise le Bluetooth pour détecter les contacts. Elle est dans la famille des approches décentralisées.

11/02/2020 : La Corée du Sud met en place un suivi basé sur les localisations GPS, les bornages de téléphone, les caméras, etc.

Deux grandes familles d’applications

StopCOVID repose(ra) sur la détection de proximité par Bluetooth. Chaque utilisateur envoie par Bluetooth des identifiants temporaires de manière continue et écoute les identifiants des smartphones rencontrés. En stockant les identifiants reçus, il est ainsi espéré de pouvoir lister une partie des personnes rencontrées dans les jours précédents un test positif. Il existe deux grandes familles d’applications :

Les deux modèles sont, dans les faits, articulés autour d’un serveur. Dans l’approche centralisée, le rôle de ce serveur est plus critique et invasif. StopCOVID est annoncé sur une approche centralisée.

Pour approfondir

Analyses

Tribunes et avis

Étant donné la quantité d’avis, de commentaires, d’entretiens et de tribues que suscite la question du traçage numérique dans le contexte de l’épidémie de COVID, il est tout à fait illusoire de relever de manière exhaustive tous les articles pertinents. Nous essayons ci-dessous de maintenir une sélection équilibrée et au contenu le plus informatif possible. Les références sont listées par ordre chronologique inverse.

Déclaration de transparence

Tout comme il est bon d’afficher ses conflits d’intérêt, nous présentons ici les positions des auteurs. Nous sommes plutôt opposés à toute forme de traçage numérique dans la société, que ce soit côté COVID ou côté sécurité. Nous ne sommes, par ailleurs, pas convaincus de l’intérêt sanitaire, et pensons que les éléments de solution autour du COVID ne sont pas dans une application mais sur des éléments sanitaires et politiques. Nous pensons également, et c’est un élément de motivation à suivre l’évolution de cette application, qu’on ne diminue pas une surveillance, on s’y habitue, et que le traçage qui serait mis en place resterait ensuite, au moins en partie. C’est cela que nous souhaitons ici documenter.

Nul humain, et donc nul scientifique n’est neutre, le revendiquer serait un mensonge. En revanche, nous nous efforcerons ici de maintenir la rigueur scientifique, de présenter des faits de manière objective. Les éléments d’analyse qui seraient éventuellement présents seront clairement identifiés comme tels.

Qui sommes-nous ?